L’entrepreneur de la semaine : Gilles, fondateur d’Adopte1dev

adopte1dev gilles interview

Aujourd’hui, nous rencontrons Gilles, le créateur d’Adopte1dev. Ce projet est une nouvelle plateforme destinée aux développeurs à la recherche d’un emploi, d’une mission freelance ou d’un stage. Rencontre avec Gilles, l’homme derrière le concept.

Gilles, peux-tu te présenter ? On a parcouru ton CV sur LinkedIn : Strategic Business, consultant, RH, teacher assistant… Tu as un parcours atypique !

Très ! C’est à la fois ce qui fait ma force et ma faiblesse. Quand j’y vois un parcours enrichissant et « touche-à-tout », certains y voient un manque de focus et d’inconstance. Et c’est sûrement pour cela qu’aujourd’hui j’ai opté pour la voie de l’entreprenariat, ne rentrant dans aucun « cadre » professionnel précis.

Voué à être dans le milieu littéraire dès le Bac (je voulais faire Economique et Social mais mes résultats en maths ne me le permirent pas), je me suis identifié comme un businessman refoulé. Ou contrarié ^^ .

Recruté pour mes qualités linguistiques par une grosse boîte délocalisée en Pologne, j’ai découvert le monde du travail en entreprise, dans des open-spaces immenses où tout le monde se voit mais personne ne se connaît. Bref, la corpo classique. Après deux ou trois autres corpos du même genre (toujours en Pologne), ma santé m’a contraint à lever le pied et à revenir en France. Le choc a été rude mais j’ai su rebondir en prenant le temps de m’intéresser à d’autres choses, notamment l’informatique et le milieu du développement.

Tu as beaucoup d’années d’expériences comme employé en entreprise. Qu’est ce qui t’as donné envie de devenir indépendant ?

Beaucoup, n’exagérons rien. J’ai eu des opportunités par moment. Mais ça été le calme professionnel également sur plusieurs périodes.

Disons que c’est mon retour en France qui a créé le déclic. Retour « forcé » (burnout). Je n’étais pas en capacités physiques et nerveuses de reprendre une quelconque activité pro, de près ou de loin.

Après une convalescence et un traitement notamment à base de voyages à travers l’Europe, j’ai ressenti le besoin de retrouver un travail, quel qu’il soit.

Je me suis heurté à la rudesse du marché du travail en France, alors que je n’avais eu aucun mal à dénicher de très bons postes en Pologne auparavant. « Votre parcours est trop atypique » , « Votre CV n’est pas compatible »… C’était assez désespérant.

 

Puis, à l’occasion d’une visite en Pologne, chez mes anciens collègues, un ami développeur me propose de faire partie de la création de sa start-up dont le concept est simple : créer une plateforme pour l’emploi des développeurs… en Allemagne.

A cette époque, l’informatique ne m’attirait pas du tout. Et je n’y comprenais pas grand-chose. Mais j’ai accepté et intégré une petite équipe de 3 puis 4 personnes. Mon rôle était d’exporter l’idée sur le marché français : beaucoup de com, du démarchage (prospection), des études de marché, débusquer les offres d’emplois et sites qui relaient, se faire connaître auprès de la communauté (assez fermée) des développeurs …

Ce fut une bonne expérience jusqu’à ce qu’un malentendu ne vienne créer la dissension au sein de l’équipe et je décidai alors de partir. Puisque l’expérience en sol français s’arrêtait net avec cette start-up polonaise, j’en récupérai cependant l’idée que je développai à ma sauce, sans aucune notion de l’entreprenariat. C’est parce qu’une autre start-up roumaine fit appel à mes services en tant qu’apporteur d’affaire, que je fus contraint de créer mon autoentreprise (paiement international oblige).

D’une pierre deux coups, je créai mon site, qui concrétisa mon idée de plateforme d’emploi dev française, et je découvris pas à pas le monde merveilleux de l’entreprenariat.

Les termes de « SIRET » et « URSSAF » avec lesquels je n’étais pas du tout familier, ont dû vite faire partie de mon vocabulaire si je voulais faire perdurer l’idée de ma plateforme, en parallèle avec mon activité dans cette startup roumaine.

Aujourd’hui, je continue plutôt en solo sur ma lancée, 100% dédié à ma quête d’emploi pour les développeurs. De plus, la crise sanitaire que l’on ne connaît que trop bien m’a conforté dans l’idée qu’il valait mieux être chez soi à développer son activité en ligne, plutôt que faire face aux restrictions mises en place. Et en même temps, le marché du digital explosait, pour les mêmes raisons ; certains ayant perdu leur emploi se décidèrent à se reconvertir professionnellement et notamment dans le milieu du développement web. Une aubaine, si l’on oublie la crise sanitaire.

Peux-tu nous présenter l’idée et le concept d’Adopte1dev ?

Adopte1dev, c’est une plateforme (un site web) d’emploi à vocation double : aider les développeurs à trouver un poste, aider les entreprises à dénicher leur candidat idéal.

Le nom « Adopte1dev » m’est venu d’un site de rencontres dont je ne citerai pas le nom…(sous peine de mise en demeure !). Derrière ce nom se dissimule l’idée de speed-dating ou de faire matcher deux entités. Adopter devient synonyme de recruter, dans ce cas. Tout en gardant la symbolique d’échange, de passion et de séduction. D’où le nom et le logo ! Et puis ça reste plus facilement dans la tête des gens.

Logo Adopte1dev Si au début, je voulais uniquement relayer des offres d’emplois sur ma plateforme, je me suis vite rendu compte que le dynamisme autour de ce concept allait être limité, puisqu’il s’agit d’une niche relativement exclusive. J’ai donc développé (c’est le cas de le dire), tout un aspect « communautaire et d’entraide », en m’associant notamment avec d’autres entrepreneurs aux valeurs similaires : transparence (salaire), priorité aux débutants, aucun intermédiaire entre le candidat et le recruteur.

C’est pour cela que j’aurais tendance à privilégier les offres destinées aux juniors (y compris les stages et alternances).

De plus, je propose plusieurs outils sur ma plateforme pour aider les développeurs dans leur cheminement : glossaire technique, liste des formations / tutos / boot camps, comparateurs de salaires, espaces de coworking, les dernières actus et nouveautés dans le milieu, quelques « tips & tricks »…

Bref, Adopte1dev ce n’est pas seulement un site d’offres d’emplois !

Il y a de plus en plus de concurrences dans le domaine des plateformes pour freelance. C’est aussi bon signe ! Penses-tu que le freelancing en informatique va se développer ?

Sans aucun doute ! Tous les facteurs actuels convergent vers cette hypothèse en tous cas. Crise sanitaire qui s’éternise et qui force les gens à se tourner vers le télétravail, et donc, à la reconversion (difficile d’être agriculteur en télétravail…).

Emergence et renouvellement de nouvelles technologies toujours plus à la pointe. Tout est fait pour faciliter et développer l’outil informatique, avec tout ce que cela comporte. L’informatique, c’est aussi la variété des activités ; ce n’est pas seulement pianoter derrière un ordinateur.

Il y a une foule de métiers liés, de près ou de loin, à l’informatique : graphiste, designers, IoT, concepteur d’applications web/mobile, concepteur de logiciels, concepteur de jeux, cybersécurité, infrastructure, data… Les débouchés sont en pleine expansion.

Et puisqu’il devient vraisemblablement plus complexe de trouver du travail en entreprise de façon durable, la logique veut que le freelancing devienne un petit peu la roue de secours pro. Mais effectivement, la concurrence est forte et se démarquer des autres est un réel parcours du combattant.

adopte1dev instagram
Sur l’instagram d’Adopte1dev, on retrouve aussi des memes sur nos amis les devs?
Tu as fondé Adopte1dev il y a environ un an. Beaucoup de nos lecteurs veulent aussi se lancer dans l’entreprenariat. Comment as-tu préparé ce projet en amont et quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui se lance en autoentreprise ?

De nos jours, il n’a jamais été aussi facile de créer son entreprise.

Il y a beaucoup d’agences de juristes et d’accompagnement d’entrepreneurs qui proposent des solutions toutes prêtes pour pouvoir se lancer sans risque dans le grand bassin. Je suis justement passé par une de ces agences à l’occasion d’une simple rechercher sur Google !

Rapidité, efficacité et en à peine un mois, j’avais mon SIRET. Par contre, il faut bien être au courant des législations en vigueur et des obligations de tout entrepreneur : quoi déclarer ? à qui ? quand ? pourquoi ? etc.

Et c’est là où je déplore un peu le manque d’accompagnement ; certaines agences se chargent de créer votre entreprise et puis c’est tout.

Le reste, il faut l’apprendre sur le tas.

A lire également sur ce sujet : 
Devenir freelance : notre dossier complet pour être indépendant

Ceci dit, ce que je conseille à tous pour commencer, c’est de prendre le statut de microentreprise, qui est à l’heure actuelle le statut le plus simple et le plus réduit qui existe.

Exonération de la TVA, accès à l’ACCRE, report de déclarations à l’URSSAF…
On s’y perd un peu, entre toutes les institutions et les informations à déclarer.

Mais en général, les institutions en question font bien leur boulot et envoient des notifications explicatives en temps voulu. De mon côté, je gère ma comptabilité en solo puisque mon rendement est un peu faible pour l’instant et que j’aime bien tout contrôler ! D’autres agences proposent également des outils de gestion compta en ligne, des banques pro en ligne etc.
Ça facilite la vie.

Le conseil que je pourrais donner c’est de ne pas avoir peur de demander, de poser des question et de « spammer » les institutions quand certains processus sont un peu flous.

As-tu rencontré des difficultés au cours du lancement du projet, et peut être encore aujourd’hui ?

Pas vraiment. Je suis tombé sur une agence juridique très compétente, pour la partie légale de mon projet. Ça enlève des soucis inutiles.

En ce qui concerne le produit en soi, je suis parti de presque zéro.

Créer une plateforme en ligne, ce n’est pas aussi simple que faire une maison en lego. Pour ce faire, je suis allé à la solution la plus économique (WordPress) mais la moins adaptée au type de site que je voulais mettre en place. Je me suis par moment arraché les cheveux en tentant de trouver des solutions à des bugs pour que l’ensemble tienne la route, quitte à faire appel à des développeurs freelances, justement !

Aujourd’hui, j’ai un site qui tient la route, qui est visuellement attrayant et qui « fait le job », même si rien n’est parfait.

Ma plus grosse difficulté : trouver des clients « payants ». Relayer des offres d’emplois, c’est beau mais ça ne rapporte pas forcément. Et aujourd’hui, mon retour sur investissement est faible, tant j’ai dépensé pour mettre mon projet au point.

Si la passion, l’engagement et les moyens sont réunis, ce n’est plus qu’une question de patience et de persévérance. Et de flexibilité !

 

Sur ce projet, tu es accompagné d’Armel, développeur fullstack. Comment partagez-vous vos actions ?

J’ai la chance d’avoir un frère développeur, Armel. Eh oui, c’est en partie une affaire de famille, même s’il a son activité de son côté. Armel m’aide sur la refonte de mon site actuel et sur l’optimisation de la version mobile. Au passage, énorme recommandation (même si ce n’est pas original) : ne jamais négliger le développement mobile de vos sites et applications.
En effet, 95% des utilisateurs consultent le web sur leurs téléphones mobiles.

Avec Armel, au-delà du lien de famille, c’est simple et carré. On se répartit les tâches : je lui fournis les maquettes du futur site, il fait son possible pour appliquer l’idée au concret. Nous gérons cela de façon pro : réunions régulières en visio ou par téléphone pour faire le point sur les avancées de chaque côté, gestion du projet via Trello, communication omniprésente et surtout, pas de pression !

Armel avance de son côté de toutes façons et je ne lui impose aucune deadline puisque j’ai toujours de quoi me mettre sous la dent. En ce qui le concerne, je me suis également inspiré, pour mon site, de l’histoire d’Armel, puisque lui-même a été en reconversion professionnelle récemment. J’ai vécu sa galère de l’intérieur ! Mais aujourd’hui, c’est un développeur accompli qui maîtrise son sujet et n’arrête pas de se former sur toutes sortes de technos.

Quand on pense au développeur informatique, on pense code et aussi formation. Penses-tu que la formation au développement web est assez mise en avant en France ?

 Ça, c’est une question piège. Il y a un peu débat entre les formations « scolaires » assez courantes (ingénieur, DUT, Master Pro…) et les boot camps / centres de formation privés (OpenClassrooms, O’clock, Wild Code School…).

Et je trouve que dans ce domaine, ce sont les boot camps qui mettent davantage l’accent sur la promotion et le marketing.

A mon avis, il va y avoir de plus en plus de communication faite autour des possibilités de formation en développement, tout comme en informatique au sens large.

L’informatique, c’est et ça restera l’avenir. Et puisqu’il faut bien s’adapter à toutes les nouvelles technologies émergentes, il faut aussi se former. En somme, la publicité des formations dev est en voie de développement !

Question que l’on pose à tout le monde !
Demain tu es nommé au ministère du travail. Quelle première mesure prendrais-tu pour les freelances et les autoentrepreneurs ?

Sans hésiter, je développerais l’accompagnement des entrepreneurs, gratuitement.

Dans cet accompagnement, je proposerais aux entrepreneurs des formations sur la gestion de leur activité sur le plan légal / juridique / comptable. Non obligatoire, of course, mais recommandées à tous. Je proposerais aussi des ateliers mêlant entrepreneurs, professionnels du même secteur et grands groupes (toujours du même secteur) pour une mise en commun du savoir et des compétences afin de booster l’activité par l’entraide. Un genre de journées Portes Ouvertes.

Et puis, en fonction des situations de chacun et du secteur d’activité, je proposerais des subventions simplifiées et adaptées. On n’a pas tous un capital conséquent lorsque l’on commence son business… Ca existe déjà, mais le cheminement pour obtenir des fonds est arbitraire et c’est bien souvent un labyrinthe administratif.

Les entrepreneurs sont un peu les « oubliés » du gouvernement.

Et, personnellement, les seuls interlocuteurs que j’ai eus étaient l’URSSAF et les Impôts. Par franchement encourageant pour commencer. Je vois midi à ma porte bien sûr, et je ne suis pas politicien.

Pour l’avenir, as-tu d’autres idées de développement ou de projet pour Adopte1dev ?

Oui plein ! J’ai un projet en partenariat avec une agence pour promouvoir les formations dev.

Entre autres choses, je pense à exploiter davantage la partie « candidats » et donner la parole aux devs.

Et enfin, on travaille sur l’automatisation de certains processus sympas sur la plateforme, que vous découvrirez bientôt ! ?

——————————

Retrouvez le site web Adopte1dev et leur page Instagram ici 😉 Retrouvez également Adopte1dev sur LinkedIn et Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WC Captcha 66 − = 56

Retour en haut
Copy link