Et si ChatGPT, l’outil adulé par des millions de Français, nous rendait bête ? Le sociologue Dominique Boullier, professeur émérite à Sciences Po, l’affirme sans détour : l’usage intensif de l’IA générative provoque une baisse mesurable des capacités cognitives et risque de nous transformer en « assistés cérébraux ».
En bref
- 1 jeune sur 2 utilise ChatGPT pour ses devoirs ou mails pros
- -18 % de mémoire de travail chez les utilisateurs intensifs (Stanford 2025)
- Esprit critique en chute : on délègue le raisonnement, pas juste la rédaction
- Effet GPS du cerveau : l’hippocampe se réduit quand on ne l’exerce plus
Dominique Boullier parle d’« abêtissement assisté par algorithme ». Depuis trois ans, ChatGPT est devenu le réflexe numéro 1 des Français dès qu’il s’agit d’écrire un mail, un CV, une dissertation ou même une déclaration d’amour.
Pratique, rapide, gratuit. Mais derrière cette facilité se cache un danger que peu soupçonnaient : plus on utilise l’IA pour penser à notre place, moins on pense. Dominique Boullier, spécialiste des mutations cognitives à l’ère numérique, tire la sonnette d’alarme dans une tribune : ChatGPT nous rend bête.
Selon lui, nous sommes en train de « sous-traiter notre intelligence » et de provoquer une atrophie cognitive collective. ChatGPT rend bête vraiment ?
Alors ChatGPT rend bête ?
L’étude de l’université de Stanford (janvier 2025) est sans appel : les étudiants utilisant ChatGPT plus de trois fois par semaine affichent une baisse de 12 à 18 % de leur mémoire de travail à court terme. Pourquoi ? Parce qu’on ne retient plus rien. On demande, on copie-colle, on oublie. Le cerveau, comme un muscle, se désentraîne.
Même phénomène observé à Cambridge : les lycéens qui dépendent de l’IA résolvent 30 % moins bien un problème nouveau lorsqu’on leur retire l’outil.
Le vrai danger n’est pas la triche, c’est la paresse cognitive. Quand l’IA propose trois solutions parfaites, on choisit au lieu de chercher, de douter, de construire. Dominique Boullier parle d’« atrophie de la fonction critique ». Résultat : une génération qui sait formuler des prompts impeccables… mais qui peine à argumenter sans aide.
« On devient les meilleurs dresseurs de chiens savants, pas les penseurs », résume-t-il.
Lire aussi :
ChatGPT nous rend vraiment plus bêtes ?
L’effet GPS, version 2.0, vous connaissez ?
On connaît l’effet GPS : les chauffeurs de taxi londoniens qui n’utilisent plus leur mémoire spatiale ont un hippocampe plus petit à l’IRM. Même mécanisme avec ChatGPT.
Des neuroscientifiques suédois (Karolinska Institutet, 2025) ont montré que les zones cérébrales liées au raisonnement abstrait et à la planification s’activent moins chez les gros utilisateurs d’IA générative. En clair : plus on délègue, plus le cerveau rétrécit là où ça compte.
En France, 48 % des lycéens et 62 % des étudiants déclarent utiliser ChatGPT « souvent ou très souvent » (sondage Ifop 2025). Conséquence directe : explosion des notes en rédaction… et effondrement en compréhension de texte et résolution de problèmes complexes.
Certaines académies testent déjà le « zéro IA » une semaine par mois. Résultat ? Les professeurs constatent un regain immédiat de créativité et de concentration.
Des pays qui réagissent déjà
La Suède a interdit ChatGPT dans plusieurs lycées. L’Italie a suivi. Aux États-Unis, des universités prestigieuses exigent désormais des examens sur papier sans aucun appareil.
En France, le ministère de l’Éducation planche sur un « détecteur d’IA fiable » pour le bac 2026, mais beaucoup d’enseignants estiment que le mal est fait : « On forme des élèves qui savent tricher parfaitement, pas penser », confie une professeure de philosophie à Rennes.
ChatGPT nous rend plus rapides, plus productifs, plus efficaces. C’est indéniable. Mais à quel prix ? Allons-nous accepter de devenir une société que ChatGPT rend bête ?

Développeur web. Expert en nouvelles technologies et en informatique depuis plus de 15 ans. Geek assumé, passionné de gaming (FPS, Call of Duty). Connecté sur Twitch et les réseaux sociaux, en mode Viewer !
















