Après le tollé sur les dépenses d’Anne Hidalgo, c’est au tour d’Éric Lejoindre, maire PS du 18e arrondissement de Paris, d’être visé par un scandale de notes de frais.
En bref
- Plus de 35 000 euros remboursés entre 2020 et 2024, via l’enveloppe légale de frais de représentation des maires d’arrondissement.
- Trois menus enfants commandés dans une pizzeria, facturés à la Ville alors que l’élu est père de trois filles.
- 30 euros plus 5 euros de pourboire pour une coupe à Cagnes-sur-Mer, la veille du réveillon 2020, loin de Paris.
- Près de 6 500 euros en quatre ans pour des frais de repassage, sans détail sur les motifs professionnels.
- Dîners dans des restaurants Michelin, parfois suivis de visites à des associations précaires, pour justifier l’essentiel.
Le scandale des notes de frais à l’Hôtel de Ville n’en finit plus d’enfler. À peine le voile levé sur les voyages et réceptions somptueux d’Anne Hidalgo, que surgit l’affaire Lejoindre. Maire socialiste du 18e arrondissement depuis 2014, réélu en 2020, Éric Lejoindre gère un territoire populaire et cosmopolite de 192 000 habitants, des Batignolles aux portes de Montmartre. Mais ses frais de représentation, obtenus via une saisine de la CADA par le militant Enzo Morel (Saccage Paris), révèlent un train de vie qui frise l’indécence aux yeux des critiques.
Éric Lejoindre ses notes de frais font scandale
Pizzas pour enfants, sweats à capuche, costumes Hugo Boss : les dépenses de Éric Lejoindre font 35 557 euros sur quatre ans. Face aux accusations relayées sur les réseaux sociaux et dans la presse, l’entourage de l’élu dénonce une « opération de diversion orchestrée par la droite parisienne ».
Les frais de représentation des maires d’arrondissement ne datent pas d’hier. Dotés d’une enveloppe annuelle de 11 092 euros, les élus peuvent rembourser des dépenses liées à leur mandat : repas avec des associations, déplacements professionnels, ou même achats vestimentaires pour « représenter dignement la Ville ».
C’est la règle depuis des années, validée par le Conseil d’État en 2023, qui impose désormais la transparence sur ces documents administratifs. Mais dans le cas d’Éric Lejoindre, les factures consultées par Le Figaro et Le JDD font grincer des dents.
Entre 2020 et 2024, il a épuisé l’intégralité de son budget et n’a rien reversé à la Ville, contrairement à Rachida Dati (LR, 7e), qui a rendu 9 710 euros. « C’est légal, mais est-ce moral ? », s’interroge Charlotte Rocher, militante de l’Union parisienne, qui pointe une « gestion laxiste » dans une ville où la taxe foncière a bondi de 62 %.
Anne Hidalgo et ses adjoints en ont déjà fait les frais ; Éric Lejoindre, fidèle lieutenant de la maire sortante, paie-t-il les pots cassés d’une majorité PS fragilisée ?
Ces dépenses qui font scandale : du pressing aux menus Nutella
Plongeons dans le détail. Les factures les plus croustillantes concernent des repas familiaux. En 2022, une pizzeria du 18e voit passer trois menus enfants au Nutella, facturés 25 euros à la Ville. Coïncidence ? Éric Lejoindre est père de trois filles.
« Au frais du contribuable, pour un samedi soir en famille », raille Enzo Morel sur X, où la vidéo de synthèse cumule déjà des centaines de milliers de vues. Autre perle : un déjeuner solo en 2021, interdit par la Cour des comptes car non convivial. Puis viennent les extras personnels. 6 451 euros de pressing en quatre ans, assez pour un costume sur mesure par semaine.
Des sweats à capuche (45 euros), des T-shirts (20 euros), et même des écouteurs pour iPhone. Sans oublier les costumes Hugo Boss à 800 euros pièce, achetés en 2023 sur Vente-Privée.
Le clou du spectacle ? Une coupe chez le coiffeur à Cagnes-sur-Mer, le 31 décembre 2020 : 30 euros + 5 euros de pourboire, alors que l’élu est censé être en vacances. « Je suis maire 7 jours sur 7 », rétorque Éric Lejoindre dans une vidéo postée sur X, ces frais couvrent son engagement constant, explique-t-il.
Lire aussi : Éric Lejoindre : un dîner étoilé après une distribution alimentaire
Éric Lejoindre défend ses notes de frais
Éric Lejoindre balaie les critiques au sujet des notes de frais : « Ces accusations sont un torrent de n’importe quoi, orchestré par la droite pour détourner l’attention des affaires de Rachida Dati. » Pas de décompte, pas de reçu expliqué. Juste cette formule : « Je suis maire 7j/7, et ces frais me permettent de refuser les invitations intéressées. »
Son entourage renchérit : les dîners étoilés ? Souvent suivis de visites à des soupes populaires. Le coiffeur ? Nécessaire pour des événements officiels. Quant aux pizzas, « un repas avec des collaborateurs ».
Mais les dates ne collent pas toujours, comme le montrent les posts X de Paul Hatte, élu du 17e : « Dans quel genre de monarchie vit-on encore ? »
(FAQ)
Qu’est-ce que l’enveloppe de frais de représentation d’un maire d’arrondissement ?
C’est un budget annuel de 11 092 euros alloué pour couvrir des dépenses liées au mandat, comme des repas professionnels ou des achats vestimentaires. Les restes sont reversés à la Ville.
Les dépenses de Lejoindre sont-elles illégales ?
Non, elles sont conformes aux règles, mais critiquées pour leur opacité et leur caractère personnel. La Cour des comptes interdit par exemple les repas solos.
Pourquoi ce scandale émerge-t-il maintenant ?
Grâce à une saisine de la CADA par des militants, et dans le sillage de l’affaire Hidalgo. Les élections de 2026 amplifient les attaques politiques.
Lejoindre a-t-il répondu en détail ?
Dans une vidéo, il défend la légalité et son engagement « 7j/7 », sans justifier chaque ligne de facture.
Quelle suite pour l’affaire ?
Aucune enquête judiciaire pour l’instant, mais une pression médiatique et citoyenne qui pourrait mener à des réformes de transparence.

Fabien, 34 ans, né en Lorraine. Diplômé d’un Master Politiques Publiques à Sciences-Po. Traite l’actualité sociale au sens large. Je ne rate aucun débat politique depuis 2002.
















