Dix ans après le carnage du 13 Novembre, Salah Abdeslam, cerveau des attentats, réclame une rencontre avec ses victimes au nom de la « justice restaurative ». Une démarche vue comme une provocation par beaucoup, alors que des survivants craignent une manipulation perverse.
En bref
- Condamné à perpétuité : Abdeslam purge sa peine incompressible depuis 2022, seul survivant des commandos jihadistes.
- Justice restaurative : Procédure alternative pour apaiser victimes et bourreaux, mais limitée ici aux repentis radicaux.
- Indignation massive : « Irrespect total », dénonce Zohra Bitan, survivante du Bataclan, sur X.
- Parquet prudent : Le ministère public veut filtrer les échanges pour éviter tout risque.
- Victimes divisées : Certaines ouvertes au dialogue, d’autres refusent catégoriquement.
Salah Abdeslam, l’homme le plus haï de France depuis les 130 morts du 13-Novembre 2015, exprime le souhait d’un « échange » avec ses victimes, ici partie civile, dans le cadre d’une justice restaurative. Il veut réparer les blessures morales. Mais à l’approche des commémorations du 13 novembre, cette initiative divise profondément.
D’un côté, un geste de « repentir » affiché ; de l’autre, un opportunisme qui ravive les plaies.
Salah Abdeslam veut rencontrer les victimes du 13 novembre
Pourquoi Salah Abdeslam veut-il rencontrer les victimes de l’attentat du 13 novembre ? Introduite en France depuis 2014, cette procédure, appelée justice restaurative, permet à des victimes et condamnés de dialoguer, encadrés par un médiateur, pour favoriser une reconnaissance des faits et un apaisement.
Pas de jugement, juste des mots. Pour Salah Abdeslam, cette initiative de rencontre avec les victimes de l’attentat du 13 novembre pourrait humaniser son image. Mais le parquet national antiterroriste pose des garde-fous : seuls les détenus ayant « rejeté la radicalité violente » y ont accès.
« On ne négocie pas avec le mal absolu », martèle un procureur.
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Que pensent les victimes du Bataclan d’une rencontre avec Salah Abdeslam
Les rescapés du Bataclan ou du Stade de France sont divisés. Élisabeth Boissinot, mère d’une victime, envisage même une confrontation pour « voir la dernière chose que sa fille a vue ».
À l’opposé, Zohra Bitan fustige : « Il voulait préparer un autre attentat et il a le culot de vouloir rencontrer les victimes. Ils savent que notre éducation est notre faiblesse. Il ne faut avoir aucune pitié avec ces monstres. »
Riss, de Charlie Hebdo, y voit une « perversion » : Salah Abdeslam banaliserait le terrorisme en le traitant comme un « crime comme les autres ».
Le contexte : un timing suspect ?
Cette demande survient alors que l’ex-compagne de Salah Abdeslam est écrouée pour un projet d’attentat déjoué.
Coïncidence ? Les experts doutent. Le terroriste, isolé en quartier disciplinaire, joue-t-il la carte du « repentir » pour alléger son quotidien ? Le Figaro note que certaines victimes, en quête de closure, pourraient accepter, mais sous haute surveillance.
Dix ans après l’horreur, cette polémique rouvre les cicatrices du 13-Novembre. Abdeslam cherche-t-il vraiment la rédemption ? Et vous, toléreriez-vous un tel face-à-face ? Vos avis en commentaires !

Fabien, 34 ans, né en Lorraine. Diplômé d’un Master Politiques Publiques à Sciences-Po. Traite l’actualité sociale au sens large. Je ne rate aucun débat politique depuis 2002.
















