Vous êtes développeur, rédactrice ou graphiste, et vous voulez travailler pour vos propres clients plutôt que pour un employeur. Pour la plupart des freelances qui débutent, la micro-entreprise est le cadre le plus simple. Les formalités sont légères, mais quelques règles s’appliquent dès la première facture : renseignez-vous avant de signer une mission.
La micro-entreprise, un régime plus qu’un statut
Juridiquement, un micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel. Il n’y a pas de société à créer, pas de capital à déposer ni de statuts à rédiger. Le calcul de vos cotisations et de votre impôt est simplifié : il repose sur le chiffre d’affaires réellement encaissé. Depuis mai 2022, votre patrimoine personnel est en principe distinct de votre patrimoine professionnel, qui est le seul exposé aux dettes de l’activité.
Les démarches pour devenir micro-entrepreneur
La déclaration de début d’activité se fait en ligne, sur le guichet unique des formalités des entreprises.
Vous y décrivez votre activité, et c’est d’après cette description qu’elle est classée parmi les activités commerciales, artisanales ou libérales. Le conseil, le développement ou la rédaction relèvent le plus souvent de la prestation de services.
C’est aussi lors de cette déclaration que vous choisissez de déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, et que vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, réservé aux foyers dont le revenu fiscal ne dépasse pas un certain montant. Le dossier validé, vous recevez votre numéro SIRET, à faire figurer sur toutes vos factures.
En cas d’hésitation sur une case du formulaire, prenez le temps de lire un guide de la micro-entreprise avant de valider, plutôt que de modifier une option après coup.
Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026
Le régime micro ne s’applique que sous un certain chiffre d’affaires hors taxes. Les plafonds applicables aux revenus perçus en 2026 sont de 203 100 euros pour la vente de marchandises et de 83 600 euros pour les prestations de services, activités libérales comprises. Ces deux plafonds ne s’additionnent pas. En cas d’activité mixte, votre chiffre d’affaires total ne doit pas dépasser 203 100 euros, dont 83 600 euros au plus pour les services.
Si vous dépassez ce plafond une seule année, vous conservez le régime. C’est seulement après deux années consécutives au-dessus du plafond que vous en sortez. Une développeuse qui enchaîne deux grosses missions dans l’année peut ainsi franchir le seuil des services sans changer de régime, pourvu qu’elle ne le dépasse pas de nouveau l’année suivante.
Pour la franchise en base de TVA, les seuils sont distincts et plus bas que ceux du régime micro. Il est donc possible de rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA. Surveillez ces deux seuils séparément, d’une déclaration à l’autre.
Les obligations, une fois lancé
La déclaration du chiffre d’affaires à l’Urssaf se fait chaque mois ou chaque trimestre, même lorsqu’il est nul. Vos cotisations sociales sont calculées à partir de ce montant, au taux propre à votre catégorie d’activité, si bien qu’aucune cotisation n’est due pour un mois sans encaissement.
Chaque vente ou prestation donne lieu à une facture portant la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI », et vous tenez un livre des recettes indiquant pour chaque encaissement le montant, l’origine et le mode de règlement. Factures et justificatifs se conservent dix ans. Un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire lorsque votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives. L’ouvrir dès le départ évite de mélanger dépenses personnelles et encaissements.
Depuis le 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre s’appliquera aux micro-entrepreneurs à partir du 1er septembre 2027. Ce calendrier figure dans le récapitulatif des obligations du micro-entrepreneur publié par le ministère de l’Économie. Si vous choisissez un logiciel de facturation cette année, vérifiez qu’il permet déjà d’émettre des factures électroniques.
